HISTORIQUE
JIGORO KANO vit le jour en octobre de la première année de l’ère MANNEN, c'est-à-dire en 1860 dans le département de HYOGO à MIKAGE.
Il était le troisième fils de JIROSAKU MARESHIBA KANO, attaché militaire au gouvernement. Enfant, on l’appelait petit NABUNOSUKE parce qu’il était frêle et délicat et en souvenir d’un guerrier célèbre et de petite taille dont le courage permit l’installation de l’Empereur . Sa famille, à MIKAGE, était connue pour sa fabrication du sake dont les secrets délicats se transmettaient de père en fils depuis plus de 100 ans.
Le petit JIGORO KANO était considéré comme un enfant prodige. Il remportait succès sur succès à l’école mais il n’était pas brillant en sport. Il était vraiment de très petite taille, un des plus petits de sa classe et avait peu de force.
Ses camarades, jaloux de ses succès scolaires, se vengeaient en le taquinant sans cesse. « Que tu es faible, petit KANO ! » ou encore « si tu veux te battre, viens ici, couard de KANO ». Mais JIGORO KANO avait toujours l’intelligence de ne pas répondre .
C’est vers la 6ème année de l’ère MAIJI, c’est à dire 1873 que JIGORO KANO quitte son pays natal pour entrer en pension dans une école privée des études britanniques de la capitale. C’est à cette époque qu’il songea à faire du JUJITSU, mais il ne trouva pas de professeur. Le jujitsu n’était pas très considéré à cette époque. « De plus, KANO, mon fils, tu dois poursuivre tes études sérieusement. Il est anormal qu’un futur intellectuel perde son temps à pratiquer un art révolu et vulgaire » lui disait son père...
En fait, c’est à cette époque qu’il commença la pratique du JUJITSU avec un ami.
En 1877, JIGORO KANO entra à la faculté des lettres de la nouvelle université de TOKYO. Il était excellent en anglais et étudia aussi le chinois avec succès.
Il continuait à travailler chaque soir avec son fidèle élève-domestique TSUNEJIRO TOMITA.
Le maître FUKUDA était âgé de 47 ou 48 ans. Il était encore en pleine force. Il n’expliquait que très succinctement les mouvements et les élèves s’entraînaient sans autre explication. JIGORO KANO allait au dojo tous les jours : rien ne pu l’en empêcher. Lorsque l’entraînement était supprimé en raison de maladie dont souffrait maître FUKUDA, JIGORO s’entraînait avec TSUNEJIRO.
Ce qui ennuyait JIGORO KANO, c’était son supérieur qui allait au même dojo et qui s’appelait KENKICHI FUKUSHIMA. Ce dernier pesait plus de 90 kg. KENKICHI était excellent en JUJITSU de telle sorte qu’il enseignait parfois à la place de Maître. Sa force était d’ailleurs très grande.
JIGORO KANO ne pesait que 50 kg environ. Il était toujours à sa merci et ne trouvait aucun moyen pour le vaincre.
JIGORO KANO se mit à étudier des manuels d’éducation physique européens. Il songea aussi aux techniques de SUMO, lutte japonaise traditionnelle. Ses études allèrent même jusqu’à la boxe et à la gymnastique européenne.
Ce genre de recherche était très difficile à l’époque car il n’était pas possible de se documenter sur l’éducation physique comme cela est possible aujourd’hui.
Acharné, JIGORO KANO faisait venir des livres en anglais et poursuivait ses recherches tout en s’entraînant quotidiennement. Un jour, il fut convaincu d’avoir trouvé la solution.
JGIRO KANO, assis dans un coin du dojo, regarda attentivement l’entraînement de KENKISHI sans rien perdre de ses mouvements et des attitudes de ce dernier. Son JUJITSU fut étudié et classé à fond.
Puis JIGORO, en tenue d’entraînement, alla saluer respectueusement FUKUSHIMA.
- pouvez-vous faire une rencontre avec moi si vous n’êtes pas trop fatigué ?
- avec plaisir , dit KENKICHI en se levant après avoir salué à genoux.
JIGORO KANO qui essayait habituellement de tenir le col de son adversaire resta à une distance de deux mètres.
- Qu’est ce que vous avez ? dit KENKICHI en s’avançant de deux pas.
- Je vous attends répondit JIGORO KANO.
Cette réponse irrita KENKICHI. Quelle impudence ! Ce n’était pourtant pas ainsi qu’on devait l’abordes, lui, l’élève le plus fort du dojo.
KENKICHI fonça alors sur JIGORO KANO.
La chute fut brutale. Il tomba sur le dos. Il grimaça et s’assit lentement sur les tatamis.
-Quel est ce mouvement ?
-Je pense l’appeler KATA GURUMA.
C’est également à cette époque qu’on recommença à pratiquer le KEN-JUTSU.
Le vêtement d’entraînement à cette époque, le KEIKOGI comportait des manches courtes, il était très court. Comme JIGORO KANO s’entraînait sérieusement chaque jour avec cette sorte de vêtement court, il avait toujours des égratignures sur tout le corps. Il collait sur les parties écorchées des emplâtres et ses camarades de dortoir à l’université le surnommaient : JIGORO KANO « colle d’emplâtre » avec une note de mépris et de raillerie.
HISTORIQUE
JOGORO KANO développa sa réflexion sur les recherches en éducation physique et en JUJITSU en particulier en héritant des dossiers secrets de Maître FUKUDA et d’autres Maîtres d’autres écoles ou JOGORO KANO allait se perfectionner :
Maître TSUNETOSHI IKUBO di KYTORYU. Il enseignait aussi certains mouvements des écoles SHIBUKAWARYU , TENSHI-SHINYO-RUY, TODARYU, SEIKIGUSHI-RUY et KITO RYU.
JOGORO KANO, après de longues années de réflexion approfondie, fit la synthèse de ses connaissances et créa le JUDO-KODOKAN.
La création de cette école remonte au 5 juin 1882. Pour s’y inscrire, il fallait poser sa signature avec son sang sur le livre des serments. Le premier à le signer fut TOMITA TSUNEJIRO et le second fut SAIGO HIGOSHI.
Le serment était le suivant :
- Maintenant je deviens disciple du JUDO. Je jure de ne pas en cesser la pratique sans raison plausible.
- Je jure de ne rien faire qui puisse déshonorer votre dojo.
- Je jure de ne pas dévoiler les secrets sans votre permission.
- Je jure de ne pas enseigner le JUDO sans votre autorisation.
- Je jure de suivre toutes les règles e votre dojo, pendant mon apprentissage et même après lorsque j’enseignerai le JUDO.
En 1886, sous les auspices du chef de la police métropolitaine, un grand tournoi fut organisé entre la plus fameuse école de JUJITSU, l’école TOTSUKA et le KODOKAN.
C’était une bataille décisive pour l’avenir.
Une défaite aurait été fatale au KODOKAN. Dans ce tournoi chaque équipe était composée de quinze combattants. Parmi les principaux représentants de KJODOKAN, on comptait les plus fameux combattants héroïques du JUDO :
YAMASHITA, SAIGO, YOKOYAMA, TOMITA.
La rencontre YOKOYAMA fut intéressante et il remporta la victoire grâce à son
HARAI-GOSHI.
SAIGO le plus petit, rencontra le fameux géant KOCHI doué d’une force extraordinaire. Après un long combat, SHIRO
SAIGO réussit à porter une prise extraordinaire : YAMA-ARASHI.
Enfin YAMASHITA, le plus fort du KODOKAN rencontra le Maître NAKAMURA le plus réputé de la préfecture de
police. La victoire fut irréfutable.
Le score final fut de 13 victoires pour le KODOKAN et de deux matches nuls.
A partir de ce jour, le JUDO-KODOKAN tint une toute première place au JAPON et connut le développement qu’on lui connaît aujourd’hui.
JIGORO KANO pratiquait chaque jour les KATAS.
En 1887, il inventa le JU-NO-KATA.
Le professeur KANO effectue alors de très nombreux voyages afin de promouvoir le JUDO. En 1938, il représente le JAPON à la conférence du CAIRE. Cette conférence désignera la ville de TOKYO comme site de la 12ème olympiade. Il mourut sur le bateau lors de son retour atteint d’une pneumonie.